Transplantation
et suivi en unité de soins intensifs


Unité de soins intensifs

Après l'opération, vous serez amené, toujours endormi et assisté par un respirateur, aux soins intensifs pour une surveillance de votre évolution. Le réveil sera progressif et complet généralement dans les 24 heures. Vous prendrez donc progressivement conscience de votre nouvel environnement.

Vous découvrirez que votre respiration vous est imposée par un respirateur. Cette machine vous délivre une quantité d'air prescrite à un rythme donné au travers d'un tuyau glissé dans la bouche jusqu'à la trachée. Ce tube endotrachéal, placé sous anesthésie (sans douleur), permet aussi l'aspiration régulière des sécrétions qui s'accumulent dans les bronches et la trachée. Il sera, dans la majorité des cas, enlevé rapidement après le réveil et sera éventuellement responsable d'une raucité transitoire de votre voix. Avant son enlèvement, les transplantés pulmonaires et cardio-pulmonaires bénéficieront d’un lavage broncho-alvéolaire.

Endoscopie bronchique et lavage broncho-alvéolaire

Cet examen explore la trachée, les bronches souches et secondaires à l'aide d'un bronchoscope (long tuyau de la section d'un crayon) souple, orientable et muni d'un système optique formé de fibres de verre, alimenté par une source de lumière froide.

Le bronchoscope est introduit par la bouche après anesthésie locale de l'arrière-gorge. L'examen dure une petite demi-heure. Indiqué dans le cadre d'une infection bronchique ou pulmonaire, il permet une toilette bronchique systématique (aspiration des sécrétions non évacuées par la toux) et s'accompagne le plus souvent d'un lavage broncho-alvéolaire (LBA). Ce dernier consiste en l'injection par l'endoscope de sérum physiologique et réaspiration du liquide. L'examen microbiologique et cytologique de ce liquide précisera le diagnostic. Cet examen doit se faire à jeun (plus d'absorption d'aliments depuis 3 heures au moins). Un calmant peut être prescrit.

L'alimentation peut être envisagée une bonne demi-heure après le retour en chambre. Un peu de température que l’on traitera avec un antipyrétique est habituelle après cet examen. Elle ne doit cependant pas se prolonger au-delà de 24 heures après l’examen.

Des électrodes collées à la surface de votre peau sont reliées au moniteur cardiaque qui assure la surveillance continue de votre électrocardiogramme.

Un fin tuyau, glissé par le nez jusqu'à l'estomac, assure l'aspiration des sécrétions gastriques. Cette sonde est également très rapidement ôtée.

Une sonde urinaire recueille vos urines en continu. Vous la garderez les deux ou trois premiers jours postopératoires.

Vous êtes muni d'une perfusion veineuse (dans la veine jugulaire, à la base du cou) qui permet de vous administrer les médicaments et d'assurer l'apport de liquides nécessaires.

Un petit cathéter placé dans l'artère radiale (au niveau du poignet) ou dans l'artère fémorale (pli de l'aine) permet la mesure en continu de votre pression artérielle et des prélèvements de sang destinés à contrôler la bonne oxygénation de votre sang par le respirateur dans un premier temps et par votre respiration autonome ensuite.

Les transplantés cardiaques et cardio-pulmonaires sont munis d’un cathéter, placé par le chirurgien dans l’oreillette gauche et sortant à la peau au niveau supérieur de la cicatrice. Ce cathéter sert à contrôler en continu la pression dans l'oreillette gauche.

Toujours chez les transplantés cardiaques et cardio-pulmonaires, deux petits fils électriques émergent du bas de la cicatrice et sont parfois raccordés à un boîtier placé sur le ventre. Ce boîtier, un "pacemaker externe", peut, en cas de nécessité, assurer un rythme cardiaque minimum prescrit par le chirurgien pendant les premiers jours.

Au niveau inférieur de la cicatrice, deux ou trois tuyaux du calibre d'un petit doigt émergent de la peau et sont raccordés à un système d’aspiration. Ces drains remontent en fait au voisinage de l’organe transplanté (devant et derrière) et assurent le drainage des saignements et sérosités qui s'accumulent normalement après une telle intervention. Ces drains sont généralement ôtés dans les 48 heures chez les transplantés cardiaques, plus tardivement chez les transplantés pulmonaires et cardio-pulmonaires.

L'ensemble de ces tuyaux et raccords a été placé sous anesthésie. Ils seront ôtés sans douleur, progressivement au cours de la première semaine postopératoire.

Vous bénéficierez lors de votre séjour en unité de soins intensifs de l'attention des médecins intensivistes, des infirmières et des kinésithérapeutes de l'unité. Bien entendu, l'équipe médico-chirurgicale de transplantation vous rendra visite quotidiennement.

Les soins de kinésithérapie, entamés dès le premier jour postopératoire, visent à limiter au maximum les effets néfastes d'un alitement prolongé (mobilisations passives ou actives de vos membres aussi fréquentes que possible, mise au fauteuil) et veillent à une toilette bronchique aussi efficace que possible. En effet, le risque d'infection pulmonaire chez un patient immunodéprimé n'est pas négligeable.

On vous proposera donc de faire régulièrement et fréquemment (quelques minutes toutes les heures !) des exercices respiratoires dès votre "détubation". Ces exercices consistent essentiellement en des respirations lentes et profondes suivies d'expirations lentes, profondes, mais non forcées. Vous serez incités à tousser d'autant plus fréquemment que vous aurez tendance à devoir expectorer des sécrétions parfois abondantes après une opération. Si cette manoeuvre (la toux) est douloureuse, elle n'en est pas moins indispensable. Le kinésithérapeute soutiendra votre cicatrice lors de la toux. En son absence, vous devez également soutenir votre cicatrice lors de la toux.

Votre famille pourra obtenir de vos nouvelles en téléphonant au secrétariat de l'unité de soins intensifs. Des visites courtes sont généralement autorisées dès le premier jour postopératoire. Votre alliance, votre montre, vos lunettes et éventuellement vos prothèses dentaires peuvent vous être restituées dès ce premier jour.

Une alimentation autonome et des repas légers sont généralement autorisés dès le premier jour postopératoire.

Vous resterez certainement 3 jours et souvent plus dans cette unité de soins et de surveillance intensifs avant d'être transféré dans votre chambre définitive en unité d'hospitalisation de chirurgie cardiaque ou pulmonaire.


Dernières modifications : 26 février 2014