Sport et santé ... que conseiller ?


Une fois le programme de réadaptation cardiaque supervisée jugé suffisant, il faut entretenir les bénéfices acquis par la pratique d'activités de loisirs. L'éventail des activités physiques d'endurance est suffisamment large pour permettre à chacun un choix approprié à ses désirs et ses possibilités, citons :

D'autres activités, moins intéressantes sur le plan cardio-respiratoire, mais prisées par beaucoup peuvent être pratiquées, nous pensons :

Doivent par contre être évités, soit parce qu'ils imposent des efforts isométriques trop violents, soit parce que le rythme du jeu est incompatible avec une bonne adaptation (voisine de l'état stable) cardio-respiratoire, les activités comme :

Activité physique et environnement

Il importe de tenir compte des conditions climatiques ambiantes dans lesquelles l'activité choisie est pratiquée. L'altitude est également déterminante dans l'adaptation cardio-respiratoire à l'effort du sujet.

Ambiance chaude

Rappelons que l'activité physique est génératrice de chaleur. Cette chaleur produite est éliminée par le système cardio-vasculaire d'une part et surtout par l'évaporation d'eau au niveau de la peau (sueur) et au niveau des voies respiratoires.

Le sang joue le rôle de liquide de refroidissement dans la mesure ou il peut transporter la chaleur du lieu de production (muscles) vers le lieu de déperdition (peau) parce qu'une partie du débit cardiaque est dérivé vers la peau. La vasodilatation cutanée augmente en effet la surface d'échange thermique disponible entre le sang et l'air ambiant. La température de l'air ambiant et son renouvellement à la surface de la peau (rôle du vent !) détermineront l'efficacité du refroidissement à ce niveau.

Pendant un effort, le débit cardiaque doit se partager entre les muscles avides d'oxygène et la peau. Un effort de faible ou moyenne intensité nécessitera donc un débit cardiaque et donc une fréquence cardiaque plus importants dans un environnement chaud que dans un environnement neutre (+ 18°C).

Le degré hygrométrique de l'air est également très important. Transpirer n'est pas évaporer, or c'est l'évaporation de la sueur qui permet de perdre de la chaleur. Dans un air humide, saturé en vapeur d'eau, l'évaporation et donc la perte de chaleur sont impossibles.

Chaleur et humidité peuvent rendre dangereuse une pratique sportive même légère puisqu'ils contrecarrent l'évaporation de la sueur et peuvent entraîner une hyperthermie.

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Ambiance froide

Une ambiance froide augmente le travail du coeur dans la mesure où la vasoconstriction périphérique, destinée à réduire les pertes caloriques, élève la résistance vasculaire périphérique totale et donc la pression artérielle.

Cependant, une ambiance modérément froide (jusqu'à - 15 °C), pour autant que l'on soit correctement couvert et que l'on prévienne la vasoconstriction périphérique, ne présente pas de danger pour un sujet en activité dans la mesure où l'exercice contribue à produire de la chaleur. Certaines pertes caloriques ne pourront toutefois pas être évitées au niveau du système respiratoire (perte par évaporation pour humidifier l'air froid et sec inhalé !). L'arbre respiratoire, étant donné ses propriétés d'échangeur thermique, ne risque cependant aucun dommage par congélation si ce n'est dans des conditions froides extrêmes.

L'habillement correct sera suffisamment épais, constitué de plusieurs couches et non serrant de sorte qu'une certaine ventilation soit possible et garantisse des vêtements secs. Toutes les parties du corps et notamment la figure, les oreilles, le cou, les mains et les pieds seront bien couvertes et gardées chaudes.

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Altitude

La capacité d'effort maximal n'est pas réduite jusqu'à une altitude voisine de 1.500 mètres. Par contre au-delà de 1.500 mètres, elle décroît linéairement avec l'altitude (- 3 % par 300 mètres). Il en résulte une diminution des réserves fonctionnelles (capacité d'augmenter l'effort) dont il faut tenir compte dans l'exercice des activités de loisirs (ski de fond !).

Le séjour en deçà de 3.000 mètres ne semble pas devoir être déconseillé aux patients cardiaques stabilisés. Le voyage en avion, pressurisé à 2.000 mètres d'altitude, est donc sans danger !

Les activités physiques ne seront envisagées qu'après une acclimatation de 3 jours au moins. On tiendra compte d'une réduction des réserves fonctionnelles (- 15 % à 3.000 m.) et du risque ajouté par le froid et le vent.


Dernières modifications : 6 mars 2014