Séjour hospitalier après transplantation


Vous bénéficierez dans un premier temps d'une chambre à un lit pour ensuite vous voir attribuer une chambre selon le régime choisi (chambre particulière, deux lits ou commune).

Les personnes entrant dans la chambre doivent se laver et se désinfecter les mains, mettre un masque et une chasuble de protection pour réduire le risque de vous transmettre une infection.

A l'inverse, quand vous sortirez de votre chambre, vous vous protégerez par le port d'un masque généralement pendant les deux premières semaines postopératoires.

Si les visites sont autorisées de façon assez libérale à la famille proche, n'oubliez pas que des visiteurs enrhumés ou souffrant de maladies infectieuses doivent impérativement être éconduits.

Les soins de kinésithérapie poursuivent dans un premier temps les mêmes objectifs que ceux prodigués aux soins intensifs puis assurent rapidement un retour à l'autonomie (premières marches dans la chambre puis dans le couloir) et enfin entament le processus de réadaptation.

Vous pouvez, si vous le souhaitez, bénéficier d’ergothérapie dans votre chambre ou en atelier. On vous proposera le matériel nécessaire à la réalisation d’un travail manuel de votre choix.

Vous retrouverez très rapidement une autonomie suffisante pour vous rendre seul au cabinet de toilette et prendre en charge votre toilette. On vous demandera une attention particulière pour votre hygiène buccale : rinçage de la bouche à l'aide d'un désinfectant buccal après chaque repas et brossage des dents en utilisant de l'eau minérale.

N’utilisez et ne buvez jamais l'eau du robinet !

Les entrées et sorties d'eau doivent être strictement contrôlées chez les greffés cardiaques et cardio-pulmonaires: pour cela encore, votre collaboration est nécessaire. Il vous faudra noter les quantités de liquide ingérées et conserver vos urines de façon à ce qu'on puisse mesurer votre diurèse durant tout ou partie de votre séjour.

N'oubliez pas que les fruits contiennent beaucoup d'eau !

Vos pansements seront renouvelés vers le cinquième jour postopératoire. Les fils à la peau seront ôtés après deux semaines au minimum.

Votre hospitalisation sera plus ou moins longue en fonction de votre évolution clinique. De nombreux examens de contrôle seront régulièrement effectués. Ils comprennent des prises de sang et des radiographies du thorax pour tous, des électrocardiogrammes, des échographies et des biopsies cardiaques pour les greffés cardiaques, des épreuves fonctionnelles respiratoires, des bronchoscopies avec lavage broncho-alvéolaire et des biopsies pulmonaires pour les greffés pulmonaires.

Endoscopie bronchique et lavage broncho-alvéolaire

Cet examen explore la trachée, les bronches souches et secondaires à l'aide d'un bronchoscope (long tuyau de la section d'un crayon) souple, orientable et muni d'un système optique formé de fibres de verre, alimenté par une source de lumière froide. Le bronchoscope est introduit par la bouche après anesthésie locale de l'arrière-gorge. L'examen dure une petite demi-heure. Indiqué dans le cadre d'une infection bronchique ou pulmonaire, il permet une toilette bronchique systématique (aspiration des sécrétions non évacuées par la toux) et s'accompagne le plus souvent d'un lavage broncho-alvéolaire (LBA). Ce dernier consiste en l'injection par l'endoscope de sérum physiologique et réaspiration du liquide. L'examen microbiologique et cytologique de ce liquide précisera le diagnostic. Cet examen doit se faire à jeun (plus d'absorption d'aliments depuis 3 heures au moins). Un calmant peut être prescrit. L'alimentation peut être envisagée une bonne demi-heure après le retour en chambre. Un peu de température que l’on traitera avec un antipyrétique est habituelle après cet examen. Elle ne doit cependant pas se prolonger au-delà de 24 heures après l’examen.

Il s'agit de vous surveiller au plus près afin de réagir le plus précocement possible à un rejet ou à une infection débutante.

Pendant votre hospitalisation, vous aurez parfois des réactions dépressives réactionnelles et/ou des périodes d'euphorie liées aux médicaments (cortisone) que vous prenez. Vous aurez parfois des réactions désarçonnantes pour la famille : brusques sautes d'humeur pour des questions de détails, sentiment d'être le centre du monde à qui tout doit céder... ces réactions classiques doivent être comprises par la famille. Elles s'expliquent par votre anxiété concernant l'éventualité de rejets, d'infections et des effets secondaires désagréables liés aux médicaments.

Vous ferez très probablement un rejet durant ce premier mois postopératoire. C'est tout à fait prévisible et cela justifie votre surveillance rigoureuse. L'équipe médio-chirurgicale possède l'arsenal thérapeutique nécessaire à son traitement et l'utilisera au mieux pour votre santé.

Une majoration de votre traitement immunosuppresseur en cas de rejet augmente le risque d'avoir une infection. Encore une fois, ce risque est connu et vous serez traité au coup par coup en fonction de votre évolution clinique.

Une évolution en dents de scie après transplantation est tout à fait habituelle !

Votre séjour à l'hôpital, probablement de 4 à 6 semaines, vous permettra de retrouver progressivement une autonomie satisfaisante, une confiance suffisante et vous pourrez envisager le retour à domicile. Cette nouvelle étape peut, pour certains, être envisagée avec une relative inquiétude dans la mesure où l'on quitte l'ambiance sécurisante créée par le personnel médical, infirmier et paramédical de l'unité de chirurgie cardiaque et pulmonaire.


Dernières modifications : 26 février 2014