Maladies du greffon


Le rejet

Le rejet du greffon par votre organisme est une réponse normale de votre système de défense immunitaire vis-à-vis d'un corps étranger. C'est ce type de réponse qui sert dans la lutte de tous les jours que mène votre organisme contre les agents infectieux. Le problème est que cette réponse normale n'est plus souhaitée puisque votre vie dépend de la vie du greffon. C'est pourquoi vous prenez et prendrez toute votre vie des médicaments destinés à éviter ce rejet.

Ces médicaments ne sont pas parfaits, votre système immunitaire est plus ou moins agressif et l’organe que vous avez reçu suscite plus ou moins cette agressivité immunitaire. Vous ferez donc probablement un ou plusieurs épisodes de rejet.

La probabilité d'en faire est d'autant plus grande que la transplantation est récente. C'est pourquoi les doses des médicaments antirejet sont maximales juste après l'intervention et seront progressivement réduites dans les jours et les mois qui suivent pour arriver à une dose de croisière juste suffisante pour vous protéger du rejet tout en vous conservant une certaine défense immunitaire contre les infections.

Cette plus grande probabilité de faire un rejet dans les premières semaines et les premiers mois après la greffe explique aussi la surveillance attentive dont vous faites l'objet.

Que se passe-t-il quand il y a rejet ?

Le rejet cardiaque

Le rejet du greffon cardiaque est essentiellement associé à un épaississement du muscle cardiaque qui devient moins souple. Ceci réduit le volume de sang éjecté à chaque contraction. Le débit cardiaque au repos est donc assuré par le biais d'une fréquence cardiaque augmentée.

A l'effort, le débit cardiaque augmente moins ce qui se traduit par une fatigue et un essoufflement anormalement rapide comparativement aux jours précédant l'installation du rejet.

Par ailleurs, le débit coronaire s'adapte moins bien à l'effort à l'occasion d'un rejet, rendant alors le myocarde plus vulnérable à une demande accrue d'oxygène. Il semble donc raisonnable de réduire, voire d'interrompre toute activité physique selon la sévérité du rejet en cours.

La sensation d'un coeur qui bat plus rapidement que d'habitude ou qui semble irrégulier ou l'apparition d'une grande fatigue et d'un essoufflement anormal à l'effort ou un syndrome grippal avec montée de température doivent vous amener dare-dare au centre de transplantation de référence.

Dans la majorité des cas, en tout cas dans la phase précoce, aucun symptôme spécifique ne sera ressenti. Ceci justifie la réalisation de biopsies cardiaques systématiques.

Le dépistage du rejet se fait par la répétition systématique de biopsies myocardiques et d'échographies du coeur qui peuvent mettre en évidence cet épaississement des parois du ventricule et la réduction de souplesse qui l'accompagne. Plus ce rejet est diagnostiqué précocement, plus il sera susceptible de répondre au traitement. A ce jour, seule la biopsie peut mettre en évidence un rejet débutant ne se traduisant pas encore par des anomalies échographiques et a fortiori par une symptomatologie quelconque. C'est pourquoi, au cours des premiers mois postopératoires, période durant laquelle le risque de développer un rejet est plus important, plusieurs biopsies seront réalisées systématiquement.

Si un rejet débutant est diagnostiqué, le traitement en première intention est l'injection, 3 jours de suite, de 1 gramme de solumédrol (cortisone).

Étant donné la puissance de ce traitement, vous serez beaucoup plus sensible aux infections et devez donc être particulièrement attentif pendant quelques semaines.

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Le rejet pulmonaire

Dans la période postopératoire immédiate, le rejet pulmonaire est associé à un oedème interstitiel au niveau du parenchyme pulmonaire (accumulation d’eau au voisinage et dans les alvéoles pulmonaires) rendant plus difficiles le travail respiratoire et les échanges gazeux. La radiographie du thorax peut être altérée, la respiration est plus difficile (sensation de dyspnée ou essoufflement) et l’oxygénation du sang moins bonne lors du passage au niveau pulmonaire explique une éventuelle cyanose (extrémités et lèvres bleues).

Plus tardivement après la transplantation, le rejet pulmonaire se traduit essentiellement par l’essoufflement et la diminution des volumes pulmonaires.

La réduction des volumes pulmonaires et l'apparition d'une grande fatigue et d'un essoufflement anormal ou un syndrome grippal avec montée de température doivent vous amener dare-dare au centre de transplantation de référence.

Le dépistage du rejet se fait essentiellement par la mesure des volumes respiratoires (importance du microspiromètre !), par la répétition systématique de radiographies du thorax, de lavages broncho-alvéolaires et de biopsies transbronchiques. Ces dernières constituent le seul examen affirmant incontestablement la présence ou non d’un rejet ! C’est pourquoi les biopsies transbronchiques sont réalisées en routine à 1, 3 et 6 mois après la transplantation ainsi que lors de toute réduction de la fonction respiratoire non expliquée.

Plus le rejet est diagnostiqué précocement, plus il sera susceptible de répondre au traitement qui proposera en première intention l'injection, 3 jours de suite, de 1 gramme de solumédrol (cortisone).


Dernières modifications : 5 mars 2014