Kinésithérapie et transplantation


Une version développée destinée aux kinésithérapeutes
pour ce chapître du "Vademecum du transplanté cardiaque et pulmonaire" est disponible.

Conduite de l'entraînement

Echauffement

La cinétique lente d'adaptation cardiocirculatoire que nous venons d'évoquer et le risque accru de développer une tendinite ou un claquage musculaire doivent inciter le greffé cardiaque à un échauffement progressif et suffisamment long. La pratique d'un "stretching" ou étiration-assouplissement systématique des groupes musculaires impliqués dans le sport choisi réduira les risques de blessures musculaires. Les exercices d'étiration seront suivis d'un échauffement amenant progressivement le sportif à 40-50 % de sa capacité aérobie maximale de façon à stimuler la libération des catécholamines extra-cardiaques et permettre un ajustement du débit cardiaque à l'intensité de l'effort envisagé. Après 5 à 10 minutes de ce régime, l'intensité de l'effort pourra être amenée au niveau choisi pour l'entraînement en endurance.

Travail de l'endurance

L’endurance est la capacité de faire longtemps un effort qui requiert peu de puissance. La marche, le trottinement, le cyclisme, l’aviron, la natation sont des activités d’endurance.

En salle de revalidation, on utilise la bicyclette ergométrique, le tapis roulant ou encore la machine à ramer. Nous préconisons un travail de base sur la bicyclette (calibration aisée de la résistance en watt) et l’utilisation du tapis et de la machine à ramer en complément.

Le profil du travail sur la bicyclette ergométrique sera caractérisé :

Le travail sur le tapis roulant et la machine à ramer doit amener la fréquence cardiaque à une valeur intermédiaire entre celles relevées aux charges basses et hautes relevées lors du travail sur la bicyclette ergométrique.

La transposition à domicile d'activités de loisir dont l'intensité est subjectivement comparable aux séances d'entraînement supervisées est indispensable (cf. Sports d'endurance et santé).

Travail de la puissance

La puissance est la capacité de faire un effort bref, mais qui requiert beaucoup de puissance comme déplacer une charge lourde ou monter un escalier.

L'entraînement en puissance ou "Power training" utilise des haltères ou des engins de musculation comme on en trouve dans les salles de "fitness".

Ce type de travail est très utile au transplanté dont la masse musculaire est souvent réduite par la non-utilisation durant une période plus ou moins longue avant la transplantation, par la perte musculaire concomitante à la transplantation (catabolisme accru après toute chirurgie majeure) et par la prise de cortisone pour lutter contre le rejet.

Des exercices spécifiques de musculation du couple quadriceps/ischio-jambiers se révèlent très utiles dans la stabilisation de la marche et pour la montée d'escaliers.

Ce type d’entraînement doit être pratiqué dans certaines conditions pour ne pas être dangereux du fait des montées tensionnelles très importantes que peut engendrer ce type de travail. N’oublions pas que beaucoup de transplantés sont hypertendus.

Les règles à respecter sont les suivantes :

Surveillance

En salle de revalidation votre ECG ou la SaO2 sera surveillé pendant les premières séances. Ensuite on se contentera d’un fréquencemètre qui offre un affichage continu sur une "montre" que vous portez au poignet, de votre fréquence cardiaque captée par une ceinture pectorale.

La sensation d'essoufflement, testée par la conversation, est également un bon paramètre de surveillance :


Dernières modifications : 6 mars 2014