Transplantation cardiaque


Post-opératoire

La surveillance en unité de soins intensifs (2 à 3 jours) et les soins au transplanté cardiaque sont semblables à ceux apportés à tous les patients ayant bénéficié d'une chirurgie cardiaque majeure. Néanmoins, quelques problèmes spécifiques peuvent être rencontrés.

L'instabilité hémodynamique (bas débit cardiaque, hypertension artérielle...) peut-être expliquée par la période d'instabilité hémodynamique du donneur avant le prélèvement, par une cardioplégie imparfaite et par un temps d'ischémie ± long (idéalement moins de 4 heures!). Les lésions de reperfusion peuvent également majorer cette instabilité hémodynamique de la période postopératoire immédiate. Actuellement, moins de 3 % des patients transplantés cardiaques meurent d'une défaillance précoce du greffon.

Le coeur dénervé par l'acte chirurgical répond différemment aux sollicitations physiologiques comme l'hypovolémie ou l'hypertension. Néanmoins, le coeur dénervé répond à une augmentation du retour veineux par une augmentation du volume d'éjection systolique selon la courbe de Frank-Starling. De même, il répond par une élévation de la fréquence de battements et du débit cardiaque à la stimulation de catécholamines circulantes.

Une surveillance hémodynamique complète est indispensable pour détecter des problèmes qui seront corrigés, comme chez n'importe quel opéré cardiaque, par l'utilisation de drogues inotropes et/ou vasoactives (isoproterenol, dobutamine, (nor)-adrénaline, nitroprussiate, etc.). Le recours à une assistance circulatoire (ballon de contrepulsion intra-aortique) peut, dans de rares cas, s'avérer nécessaire.

Des anomalies de rythmes peuvent conduire à une instabilité hémodynamiques. Le coeur dénervé (sans freinage vagal!) est plus volontiers tachycarde. Néanmoins, des épisodes de bradycardies peuvent survenir à cause d'une ischémie per-opératoire du noeud sinusal. Le placement d'un pacemaker transitoire, voire permanent, peut être nécessaire. Comme tous les opérés cardiaques, les transplantés peuvent présenter un épisode de fibrillation auriculaire.

Une hypertension pulmonaire légère à modérée est fréquemment observée dans le postopératoire immédiat même chez les patients qui présentaient des pressions pulmonaires quasi normales en préopératoire. Cette hypertension pulmonaire peut conduire à une défaillance du ventricule droit. Le recours à l'inhalation de NO (monoxyde d'azote) pendant quelques heures ou quelques jours pourra le plus souvent réduire les résistances vasculaires pulmonaires par l'effet myorelaxant sur les muscles lisses vasculaires. Classiquement, les pressions pulmonaires retrouvent des valeurs normales endéans le premier mois postopératoire.


Dernières modifications : 1 mars 2014