Les mésaventures d'un désobéissant


Tout a commencé le samedi 19 avril 2003 à 23 h 15.

En effet, à cette heure tardive, notre soirée fut interrompue par un coup de téléphone du Service de Coordination de l’Hôpital Erasme qui nous annonçait qu’un cœur était « probablement » disponible et que je devais me rendre dans les plus brefs délais aux urgences. Quelques heures plus tard, j’avais un nouveau cœur. C’était le dimanche de Pâques.

Je regagnais mon domicile après une hospitalisation de 3 semaines avec, bien entendu, toutes les recommandations d’usage sur ce que je pouvais faire et surtout ce que je devais éviter, principalement en ce qui concerne la nourriture. Plus de problème donc, plus d’attente angoissante à espérer ce fameux coup de fil salvateur.

Bref, une vie nouvelle commençait pour nous. J’ai commencé ma revalidation quelque temps plus tard et comme cela allait de mieux en mieux, je repris même mes activités professionnelles le 1er février 2004, activités vite interrompues à la mi-avril, car je devais me faire opérer de la cataracte.

Et c’est pendant cette période que le drame éclata. Lors d’une réunion familiale, j’ai commis une erreur monumentale. En effet, il m’avait été conseillé, entre autres, de laver plusieurs fois la salade et, in fine, de la rincer avec de l’eau de bouteille, d’éviter de manger de la viande crue. Malheureusement, je me suis laissé tenter par du filet américain… Le résultat fut catastrophique.

Une quinzaine de jours plus tard, le 18 mai 2004 sur le matin, je ne me sentais vraiment pas bien (nausées, diarrhée) à tel point que mon épouse fit venir notre médecin traitant, lequel me fit embarquer dare-dare à Erasme. J’étais déjà inconscient. A mon arrivée aux soins intensifs pour un choc septique "sévèrissime", les médecins ont ensuite détecté une broncho-pneumonie provoquée par une bactérie (Escherichia coli), une insuffisance rénale aiguë nécessitant une dialyse continue et une infection urinaire. Rien que cela ! Je suis resté deux semaines dans le coma, duquel je suis sorti le dimanche de Pentecôte complètement paralysé. Cette tétraplégie dura sept semaines. Par la suite, grâce aux différents kinés (qui m’ont fait transpirer) et un séjour en neurorevalidation, la mobilité est revenue.

Deux ans et demi plus tard, je garde encore quelques petites séquelles de cet accident ; la principale leçon qu’il faut en tirer est de respecter scrupuleusement les directives des médecins, car les miracles n’arrivent pas tous les jours.

Alain Brismer
Journal n° 54 - janvier 2007


Dernières modifications : 8 mars 2014