Hommage aux "effacés...


Nous avons célébré, au sein de notre association, avec succès, tout au long des années, les différents événements qui ont émaillé la vie de celle-ci.

Nous avons organisé des soirées en l'honneur des transplantés, mais aussi des cardiologues, chirurgiens, kinés ainsi que tout le personnel paramédical concerné.

Nous avons loué le savoir-faire des premiers, la dextérité des seconds, glorifié le dévouement des autres et ce ne fut que justice.

Les progrès en cardiologie permettent un nombre plus élevé de traitements couronnés de succès, avec comme corollaire un nombre plus nombreux de patients pour qui malheureusement, un traitement médicamenteux ne suffit plus et pour qui la transplantation est la seule issue.

Les personnes, anonymes, donneurs d'organes sont également à l'honneur, car sans elles, il n'y a pas de transplantation possible.

Fort bien, mais il reste malgré tout une frange importante de personnes directement concernées sur lesquelles on fait quelque peu l'impasse.

Il ne s'agit pas d'indifférence, pas plus que d'un manque d'intérêt, non simplement, on n'en parle pas, parce qu'elles ne sont pas les vedettes. Et pourtant !

Cette catégorie existe dans tous les domaines :

Pourtant, il est indéniable que ces "sous-groupes" ont une importance capitale, chacun dans leur spécialité. Le simple fait qu'ils ont été créés prouve leur utilité, oui, mais voilà, ils ne le sont (utiles) que lorsque les vedettes font défaut.

L'association n'échappe pas entièrement au même phénomène ; ici on parlera de conjoint ou conjointe. Unis dans la vie pour le meilleur et le pire, ces couples ont dû faire face à un drame lorsque la maladie s'est installée.

Jour après jour, le patient a dû gérer son mal et lorsque, dernière solution possible, la transplantation dû être envisagée, l'angoisse et la peur de perdre le peu qu'ils possédaient encore en perturbait plus d'un. Il fallait prendre une décision et l'on se trouvait seul devant le dilemme. Seul pour la décision, oui bien sûr.

Le fait de pouvoir supporter cette attente est cependant souvent l'action de l'entourage immédiat du malade : épouse ou époux, enfants ou famille proche (frère, soeur) sont autant de motifs de lutte pour la survie.

N'oublions pas qu'eux aussi, avaient le coeur serré devant l'échéance.

Ils avaient de surcroît la délicate mission de cacher tant que faire se pouvait, leur propre angoisse pour ne pas perturber le moral du patient.

Ayons une petite pensée pour tous ceux qui ont combattu en silence pour le succès de l'intervention de leur proche. Ils (elles) le méritent largement !

Guillaume Demeyer
janvier 2004


Dernières modifications : 8 mars 2014