Témoignage


Mes problèmes cardiaques ont commencé en 1996. Dès lors, les consultations se firent de plus en plus nombreuses, la médication devint de plus en plus pointue. Mais rien n’arriva à me guérir !

Un virus du type "X" contracté, je ne sais comment, me détruisait le cœur petit à petit. En jargon médical on appelle cela une "cardiopathie dilatée."

Mon ventricule gauche se dégradait de plus en plus et la fraction d’éjection diminuait. Elle était 60% trop élevée pour prétendre à une transplantation !

Ainsi donc vers mes 57 ans, ma santé s’est altérée petit à petit.

Tout paraissait normal tant que je restais au repos, mais le moindre effort physique devenait difficile tant au point de vue respiratoire, qu’au point de vue cardiaque : mon cœur s’emballait dès le moindre mouvement ! Monter au premier étage représentait le parcours du combattant, plusieurs haltes étaient nécessaires pour y arriver.

Mais ce qui me désolait le plus dans la maladie, c’est de constater que mes petits-enfants, qui voulaient venir sur les genoux de leur grand-père ne pouvait plus compter sur son aide, tant mes bras et mes jambes étaient sans force. Jouer avec eux représentait une gageure insurmontable, je devais me résoudre à en faire mon deuil, je maigrissais à vue d’œil.

A toutes occasions, fêtes, anniversaires…, mon épouse me photographiait avec ou sans les petits-enfants. Ceci au cas où le pire arriverait, ainsi ils posséderaient une dernière photo. On ne pouvait vraiment pas dire que mon moral était au beau fixe !

En 2000, mon cardiologue n’ayant plus les moyens pour stabiliser mon état de santé, malgré tout l’arsenal de médicaments en sa possession, décida de m’envoyer à l’hôpital Erasme pour y subir des examens complémentaires.

Une épreuve d’effort persuada rapidement les cardiologues et chirurgiens cardiaques à m’inscrire sur une liste d’attente en vue d’une transplantation.

Cette attente s’est avérée longue, très longue. C’est toujours long, très long lorsque l’on voit ses forces décliner de jour en jour, lorsque l’on se sent partir petit à petit, en s’accrochant à ce fichu coup de téléphone salvateur qui ne veut pas venir. Ce chemin de croix dura une année, il était grand temps !

Après l’opération il m’a fallu quelque temps pour reprendre des forces, je ne pourrai jamais dire à quel point la revalidation cardiaque m’a aidé à redevenir ce que je suis actuellement.

Aujourd’hui, 5 ans et 6 moins après l’intervention je peux vous confirmer que je me porte bien. J’ai repris mes activités, je profite pleinement de mes petits-enfants, j’ai la joie de les voir grandir et de m’en occuper.

Quel bonheur de revivre cette seconde vie ! J’y tiens et je remercie très sincèrement l’anonyme, ce donneur sans nom qui m’a redonné la vie.

Cette chance, je l’ai eue. Elle devrait être donnée à tous les patients en attente de greffe ! Les gens se croient toujours à l’abri de ce genre d’opération. Oui, le « ça n’arrive qu’aux autres » peut vous tomber dessus comme une douche froide et c’est alors que vous y penserez, c’est à ce moment que les questions vous assailliront !

Eugène Beyaert
Président ANGCP


Dernières modifications : 8 mars 2014