Lettre ouverte à Pedro Almodovar


Todo sobre mi Madre

Cher Monsieur Almodovar,

Si c'est en raison de ma situation de transplanté cardiaque que j'ai décidé de vous écrire, je crois pouvoir le faire au nom des femmes et des hommes qui ont eu la chance, comme moi, d'être greffés à temps et qui peuvent dire chaque matin : "La journée sera belle, car grâce à la transplantation, je peux encore profiter de la vie".

Nous sommes nombreux, en Europe, à travailler pour la promotion du don d'organes et c'est notamment le cas des membres de la Fédération européenne des Greffés du Cœur (FEGC) et de ses associations nationales. Ce travail est surtout basé sur l'information : manifestations diverses et même, en Belgique, réalisation d'un spot publicitaire radio et télé.

Vous comprendrez dès lors notre bonheur quand est sorti votre film "Todo sobre mi Madre" dont la première partie est le meilleur plaidoyer que nous n'ayons jamais vu en faveur du don d'organes. L'Espagne est le pays d'Europe où cet appel à la solidarité par le don d'organes est le mieux entendu. Cela ne nous étonne plus si l'on se souvient que vous aviez déjà abordé ce sujet dans "La Flor di mi Secreto" et que vous le traitez dans "Todo sobre mi Madre" avec une justesse de ton, une émotion retenue et une délicatesse qui nous laissent sans voix.

Nous, qui avons participé à la conception de notre spot, applaudissons de tout cœur tout ce qui sert la promotion du don d'organes. Heureusement, car sinon, il y aurait presque une réaction de jalousie envers votre film. Nous nous consolons en nous répétant que nous n'avions que trente secondes d'antenne et qu'il était difficile de faire mieux (malgré la comparaison, nous sommes fiers de notre réalisation).

Si j'étais écrivain, je crois que je rédigerais tout un livre pour commenter votre film. Je ne le suis pas et il reste simplement à vous dire du fond de mon "second" cœur : merci, mille fois merci. C'est bien peu, mais c'est sûrement ce que des milliers de personnes disent avec moi.

Croyez à toute notre admiration et à notre reconnaissance.

Paul Beauraing
p>Journal n° 26 - décembre 1999


Dernières modifications : 8 mars 2014