Bases théoriques
d'un programme d'entraînement


Intensité de l'entraînement

Pour améliorer sa condition physique, il faut se soumettre à des efforts d'intensité modérée à élevée. Une activité physique légère entretiendra éventuellement l'aptitude à l'effort, mais ne l'améliorera pas. Plus l'intensité de l'entraînement est élevée, plus les bénéfices seront sensibles rapidement, mais plus le risque de blessures et/ou de non-compliance à l'entraînement est élevé... tout est question de mesure.

L'intensité de l'entraînement se définit différemment selon que l'on parle de travail isodynamique ou de travail résistif.

Pour le travail isodynamique, l'intensité de l'entraînement se défini par

Un entraînement continu se situera entre 40 et 80 % de la V'O2p.

Un entraînement par intervalles passera de 40 - 50 % de la V'O2p (charge modérée !) à 70 - 90% de la V'O2p (charge élevée) avec des rapports charge élevée sur charge modérée de 2/1 - 4/1.

Remarque

Si l'on peut recommander une FC cible sur base d'un pourcentage de la FC pic observée au cours de l'épreuve d'effort (effort court) ou d'un pourcentage de la FC maximale théorique chez un sujet sain, cela n'a pas de sens chez un patient transplanté.

Chez tous les transplantés (coeur, poumons, rein), on observe qu'ils atteignent rarement leur FC maximale théorique au cours d'une épreuve d'effort courte (= 12 minutes), qu'ils aient un coeur innervé (poumons, rein) ou un coeur dénervé (coeur, coeur-poumons).

Il est probable que leur masse musculaire n'est pas suffisamment importante pour stimuler une élévation maximale de la FC au cours de ce type d'épreuve d'effort court.

Il n'est donc pas rare d'observer au cours de l'entraînement (= 30 minutes) d'un transplanté, une FC supérieure à la FC pic observée lors de l'épreuve d'effort.

En principe, l'élévation de la FC au-delà des valeurs enregistrées lors de l'épreuve d'effort ne pose aucun problème et nous acceptons des FC d'entraînement s'élevant jusqu'à ± 90 % de la FC maximale théorique comme chez des sujets sains !

Pour le travail résistif, l'entraînement se défini par :

Rappelons qu'il n'y aura renforcement musculaire que dans la mesure ou il y a fatigue musculaire et donc recrutement de toutes les unités motrices en cours de série.

Plus les charges mobilisées sont modestes, plus le nombre de répétitions (le temps de travail) dans une série doit être élevé pour atteindre cet état de fatigue musculaire. Inversement, plus les charges mobilisées sont élevées, plus le nombre de répétitions est réduit pour atteindre ce même état de fatigue musculaire !

Il y a donc un compromis à trouver entre charge et temps de travail (nombre de répétitions) pour éviter :

Nous recommandons un temps de travail intermédiaire (10 répétitions soit 20 secondes) qui permet la mobilisation d'une charge voisine de 70 % de la CMV. Trois séries séparées par une minute de repos suffiront à un renforcement musculaire significatif !

En pratique, la réalisation d'une CMV n'est pas indispensable. Nous proposons plutôt au patient de travailler initialement avec des charges faibles à raison de 10 mouvements par série de façon à s'habituer à réaliser le mouvement dans toute son amplitude en maîtrisant sa respiration (blocage respiratoire et valsalva interdit !) et d'augmenter progressivement (de séance en séance) la charge mobilisée jusqu'à l'obtention de la RM10 ou résistance maximale mobilisée 10 fois.

La RM10 correspond approximativement à 70 % de la CMV. En procédant de la sorte, il habitue progressivement l'ensemble muscles et ligaments aux contraintes imposées et adaptera sa charge d'entraînement aux progrès réalisés.


Dernières modifications : 10 mars 2014