Introduction


A la sortie de l'hôpital, la masse musculaire du patient transplanté cardiaque ou pulmonaire est réduite par la maladie et la sous-utilisation durant une période plus ou moins longue avant la transplantation, par la perte musculaire concomitante à la transplantation (catabolisme accru après toute chirurgie majeure) et par la prise d'immunosuppresseurs (principalement la cortisone) pour lutter contre le rejet.

Le patient transplanté manque habituellement de confiance en lui pour poursuivre de manière autonome un programme de réentraînement efficace.

A cet égard, l'entourage (famille, amis et parfois même médecin généraliste) joue trop souvent encore un rôle néfaste en l'exhortant à trop de prudence.

Dans cette optique, la participation à un entraînement supervisé rendra au patient transplanté la confiance nécessaire à l'élargissement de ses activités physiques journalières. Il apprendra à connaître les sensations normales accompagnant l'effort.

Après transplantation cardiaque ou pulmonaire, deux possibilités s'offrent au patient quittant l'hôpital
(cf. Annexe 1) :

Les centres de réadaptation cardiaque couvrent mal l'ensemble du territoire de sorte que nombre de transplantés doivent faire appel à des kinésithérapeutes du voisinage.

Malheureusement, beaucoup de ces kinésithérapeutes appréhendent la prise en charge d'un patient transplanté et ne maîtrisent pas les techniques d'entraînement. La prise en charge se limite trop souvent à une kinésithérapie respiratoire et d'assouplissement qui ne permet pas au patient de retrouver une musculature adéquate.

En effet, un an après la transplantation, l'aptitude moyenne à l'effort des transplantés cardiaques reste comprise entre 50 et 70 % de l'aptitude de sujets sains, sédentaires, de mêmes âges, taille et poids tandis que les transplantés pulmonaires se situent plutôt entre 30 et 50 % des valeurs prédites.

Un programme de réadaptation structuré par le centre de transplantation de référence et supervisé par le kinésithérapeute du patient peut être mis en place si ce dernier est intéressé par ce type de prise en charge et clairement informé de sa mission (ce dernier point est l'objectif de ce petit fascicule !).

Le programme devrait idéalement couvrir la première année post-transplantation et il travaillera :

L'intensité des exercices proposés sera idéalement adaptée sur base d'une épreuve d'effort maximale combinée ou non à une ergospirométrie réalisée dans le centre de référence.

Le kinésithérapeute et le transplanté consigneront dans un dossier adapté aux modalités d'entraînement disponibles (cf. exemples en annexe 3), les charges de travail utilisées, la durée des exercices, les fréquences cardiaques enregistrées et leurs observations éventuelles. Ce dossier peut servir d'interface entre le kinésithérapeute du patient transplanté et le centre de référence.


Dernières modifications : 10 mars 2014