Bénéfices de l'entraînement


De quel ordre ?

La pratique d'une activité physique régulière aide à la prévention des problèmes associés à la prise du traitement immunosuppresseur (voir chapitre 11 du Vade-Mecum du transplanté cardiaque et pulmonaire).

Ainsi, l'exercice physique limiterait l'atrophie musculaire due aux corticoïdes. La déminéralisation osseuse serait également freinée par l'activité sportive. Il est, à ce propos, important d'être attentif aux douleurs de hanche ou aux douleurs de dos. Les efforts de puissance (soulèvement d'objets lourds) doivent être menés avec une extrême prudence (progressivité dans les charges, maintien contrôlé et stop à la moindre douleur suspecte !). Ils peuvent en effet provoquer des affaissements de corps vertébraux chez un greffé particulièrement ostéoporotique. L'hypertension artérielle secondaire à la prise de ciclosporine encourage également à la pratique régulière d'une activité d'endurance.

Les bénéfices objectivés sont réduction de la fréquence cardiaque, pression artérielle systolique et diastolique de repos, réduction de la ventilation-minute pour des efforts modérés (sous-maximaux), augmentation de la charge maximale soutenue, de la capacité aérobie (consommation maximale d'O2), de la ventilation-minute et de la fréquence cardiaque maximale. En améliorant ainsi la performance maximale, les activités journalières sont faites avec plus de confort et la qualité de vie du transplanté en est améliorée.

L'entraînement chez des patients très motivés peut amener le transplanté à réaliser des performances qui ne sont pas à la portée d'un sujet sain sédentaire comme la participation à un semi-marathon (20 km en 2 h 26 par un membre de l'ANGCP, 9 mois après sa transplantation, en 1983) voire à un triathlon (1,5 km de nage, 40 km de course cycliste et 10 km de course à pied en 4 h 12 par un transplanté cardiaque américain). Ces exemples ne constituent bien entendu pas un but à atteindre, mais démontrent simplement que certains greffés cardiaques motivés et dotés d'un greffon cardiaque d'excellente qualité peuvent se soumettre à un entraînement physique intense.

Une fois le programme de réadaptation physique supervisée jugé suffisant, il faut encourager le patient à entretenir les bénéfices acquis par la pratique d'activités de loisirs. L'éventail des activités physiques d'endurance est suffisamment large pour permettre à chacun un choix approprié à ses désirs et ses possibilités : citons la marche, le trottinement, le ski de fond, le cyclisme, l'aviron ou encore la natation. Le golf et le patinage sur glace peuvent bien entendu compléter cette liste !

D'autres activités, moins intéressantes sur le plan cardiorespiratoire, mais prisées par beaucoup peuvent être pratiquées : nous pensons au tennis de table, au tennis (préférer le double), à la pêche (plus ou moins sportive!) ou encore au sport de groupe comme le volley-ball.

Doivent par contre être évités, soit parce qu'ils imposent des efforts isométriques trop violents, soit parce que le rythme du jeu est incompatible avec une bonne adaptation (voisine de l'état stable) cardio-respiratoire, les activités comme le judo ou tout autre sport de lutte, le football, le basket-ball ou encore le rugby.


Dernières modifications : 10 mars 2014